Taxe PUMA : êtes-vous concernés ?

Dans votre activité de marchand de biens, la structuration de votre rémunération a des impacts fiscaux… mais aussi sociaux. Si vous privilégiez les dividendes ou les revenus du patrimoine au détriment d’une rémunération, vous pouvez être concerné par la taxe PUMA (cotisation subsidiaire maladie). Souvent découverte tardivement, cette taxe peut représenter un coût significatif si elle n’est pas anticipée.

Dans cet article, nous revenons sur les règles d’application de la taxe PUMA afin de vous permettre d’en anticiper l’impact.

Pour optimiser la gestion de votre activité, il est vivement conseillé de faire appel à un expert-comptable spécialisé dans l’activité des marchands de biens.

 

Dans cet article

1. Qu’est-ce que la taxe PUMA ?

La taxe PUMA, également appelée cotisation subsidiaire maladie, a pour objet de financer la protection universelle maladie.

Elle vise les personnes qui :

  • bénéficient de la sécurité sociale française ;
  • disposent de revenus du capital significatifs ;
  • mais ne cotisent pas suffisamment via une activité professionnelle.

Elle est ainsi souvent qualifiée de « taxe des rentiers ».

2. Qui est concerné ?

Vous êtes redevable de la taxe PUMA si vous remplissez trois conditions cumulatives.

2.1. Des revenus du patrimoine et du capital significatifs

Vous êtes concerné si vos revenus du patrimoine et du capital excèdent 50 % du plafond annuel de la sécurité sociale (PASS). (soit environ 24 000 € en 2026)

Sont notamment pris en compte :

  • les revenus fonciers ;
  • les dividendes ;
  • les bénéfices industriels et commerciaux (BIC) non professionnels et des bénéfices des professions non commerciales (BNC) non professionnels 
  • les plus-values immobilières ou mobilières ;
  • les revenus de capitaux mobiliers.

2.2. Des revenus professionnels insuffisants

Vous êtes concerné si vos revenus d’activité (et ceux de votre conjoint ou partenaire de PACS) sont inférieurs à 20 % du PASS (soit environ 9.612€ en 2026).

En dessous de ce seuil, vous êtes considéré comme ne cotisant pas suffisamment au système de sécurité sociale.

2.3. Absence de revenus de remplacement

Enfin, vous ne percevez pas (ni votre conjoint/partenaire) de revenus de remplacement, tels que :

  • pension de retraite ;
  • pension d’invalidité ;
  • allocations chômage.

3. Comment se calcule la taxe PUMA ?

3.1 Base de calcul

La cotisation est calculée sur les revenus du capital, après application d’un abattement. Seule la fraction des revenus excédant 50 % du PASS est prise en compte.

Par ailleurs, les revenus retenus sont plafonnés à 8 PASS (soit environ 384.480€ en 2026.)

3.2 Taux

Le taux de la taxe PUMA est fixé à 6,5 %.

3.3 Formule de calcul

Montant de la taxe PUMA = 6,5 % x (revenus du capital – 0,5 x PASS) x [1 – revenus d’activités / (0,2 x PASS)]

Ce mécanisme est dégressif : plus vos revenus d’activité augmentent, plus la taxe diminue.

4. Exemple pratique

Prenons l’exemple suivant : vous êtes président de SASU et percevez :

  • 70.000€ de dividendes ;
  • 3.000€ de rémunération annuelle ;
  • aucun autre revenu.

Le calcul est le suivant : Taxe PUMA = 6,5 % × (70 000 – 24 000) × [1 – (3 000 / 9 600)] = 6,5 % × 46 000 × (1 – 0,3125) = 6,5 % × 46 000 × 0,6875 ≈ 2.050€

Vous êtes redevable de la taxe car :

  • vos revenus du capital dépassent 50 % du PASS ;
  • vos revenus d’activité sont insuffisants ;
  • vous ne percevez pas de revenus de remplacement.

5. Comment éviter la taxe PUMA ?

Le levier principal consiste à vous verser une rémunération suffisante.

En pratique, il convient de dépasser le seuil de 20 %du PASS, soit environ 9612€ par an (≈ 801 € par mois en 2026).

Conclusion

La taxe PUMA est une contribution souvent méconnue, mais elle peut avoir un impact significatif sur votre situation personnelle. Elle met en évidence un point essentiel : le versement de dividendes ne permet pas, à lui seul, de cotiser au système social.

En tant que marchand de biens, il est donc indispensable :

  • d’anticiper cette taxe dans votre stratégie ;
  • d’arbitrer entre rémunération et dividendes ;
  • et d’adopter une approche globale intégrant fiscalité et charges sociales.

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Julie LE ROY

Experte-comptable et fondatrice de Fintaé

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